Le bio-conservatisme, qu’est ce que cela veut dire ?
Vous ne savez pas ce que c’est ? Pas d’inquiétude cet article justement là pour répondre à toutes vos interrogations à ce sujet. Alors bonne lecture.

Définition

Être un bioconservateur signifie être en opposition avec les pensées visant à une amélioration scientifique ou technique des capacités de l’être humain. C’est condamner les idéaux visant à l’apparition d’une médecine surpassant sa visée simplement thérapeutique de rétablissement de l’organisme humain. Les bioconservateurs n’ont pas de cadre institutionnel, ni même regroupé sous forme d’organisation précise. Il est moins fédérateur que les autres courant de pensée.
Le bioconservatisme repose sur une double pensée. Premièrement l’aspect biologique. Les bioconservateurs ont une vision bioéthique basée sur la préservation des traits biologiques humains. Secondement l’aspect conservateur. Ils ont des idéaux est en faveur des valeurs traditionnelles. Ce courant fait principalement référence à la philosophie ou à la politique.

Les opposants

Les bioconservateurs s’opposent aux idées des partisans transhumanistes et des partisans bioprogressistes. On les oppose principalement aux idéaux transhumanistes. Ce mouvement encourage l’utilisation des avancées scientifiques, mais aussi techniques pour combler les défauts des performances humaines. La plupart pensent que l’être humain est une espèce inachevée. Qu’elle peut être encore modifiée pour arriver à son réel potentiel.

Les bioconservateurs ne sont pas opposés à des changements en ce qui concerne les traits biologiques humains. Ils sont contre cette nouvelle médecine qui a pour objectif d’optimiser l’être humain et ses performances qu’elles soient physiques, intellectuelles, ou bien émotionnelles.

Les grands piliers de ce courant

Ce courant a eu deux grands penseurs, Leon Kass et Francis Fukuyama. Leon Kass est un médecin, physicien et éducateur américain, partisans du mouvement bioconservateur. Il est connu pour être un fervent opposant au clonage humain, à l’euthanasie et à l’extension de la vie. Selon lui, les idées transhumanistes prônent une atteinte à la dignité humaine. Sous sa présidence du comité de bioéthique, il a publié des rapports fondateurs. Notamment “Therapy : Biotechnology and the Pursuit of Happiness” en 2003, relatant les promesses et les dangers de la biotechnologie. Pour Kass, ce risque qu’engendre cette nouvelle médecine est de remettre en cause l’être humain en tant qu’identité même de l’humanité. Il ne s’agit pas d’éradiquer des maladies, mais bien d’améliorer l’être humain pour qu’il soit plus performant.

Francis Fukuyama est un chercheur en sciences politiques américain. Il est considéré comme l’un des grands piliers de ce mouvement, même si son appartenance s’est fragilisé avec le temps. Il est notamment connu pour ses travaux sur “la fin de l’histoire” réalisés au début des années 90. Dans ses travaux, il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine arrive à son terme. Cette finalité est due au consensus sur la démocratie libérale, formé à la suite de la guerre froide.
Mais Fukuyama est aussi connu pour ses idées sur les conséquences politiques et philosophies de la modification de la nature humaine par les êtres humains et grâce à la biotechnologie. Selon lui, le projet de modifier la nature humaine est une menace pour les sociétés libérales. Il faut un contrôle strict de cette biotechnologie, pour éviter tout débordement. La nature humaine étant un des éléments fondamentaux de l’ordre politique, il faut donc la préserver.

Et maintenant…

Le courant bioconservateur est assez récent. Il a émergé au 21e siècle avec l’évolution de la médecine plus que thérapeutique.

Malgré les réticences de certains, on ne pourra jamais prévoir l’humain. Contrairement à ce que pensent les partisans du transhumanisme, l’homme est imprévisible. Même si on réussi à la modifier, la nature fera en sorte de changer d’autres choses. Pourquoi vouloir améliorer un matériel aussi complexe et dans quel but ? L’objectif est de créer un humain sans défaut, l’optimiser comme une machine finalement. Mais cette modification, si elle arrive à terme, ne supprimera pas tous les problèmes. Ils ne seront que déplacés. Prenons l’exemple de la surpopulation. Depuis toujours, l’être humain ne cesse de rallonger son espérance de vie. La population mondiale devient de plus en plus dense, ce qui crée des problèmes sociétaux. Avec cette optimisation de l’être humain, ce genre de problème ne vont que s’accentuer.

On ne connaît jamais l’issue d’une interaction humaine. Elle est et restera imprévisible. Et c’est d’ailleurs le but de la vie humaine. Si tout était facile et prévisible, à quoi bon jouer le jeu. On prédisposerait l’individu à vivre une vie sans réels défis personnels. Évidemment, il restera des obstacles pour la vie humaine, mais ils seront bien amoindris. De plus, le fait de supprimer les défauts de performance de l’homme, ça ne va que créer aussi une plus grande inégalité. Entre ceux qui auront accès à cette médecine et les autres, le fossé ne sera que plus grand. À quoi bon être performant si ce n’est pas pour surmonter les étapes de sa vie. Ces choses-là deviendront banales, sans aucune importance. Certes, on peut y voir quelque chose de bénéfique, notamment dans des cas graves. Mais l’objectif de cette utilisation de la biotechnologie ne tend pas à améliorer le quotidien des plus nécessiteux de cette technologie. Elle vise simplement à augmenter le potentiel humain. Le dote de toutes les capacités qu’il devait être fait. Or, si on est fait comme ça, c’est pour une raison. D’un point de vue biodiversité peut-être ? Chacun est libre de l’interpréter comment il le veut.

Mais simplement, pourquoi vouloir tout optimiser ? L’histoire humaine est déjà façonnée. Et le but de la vie n’est pas de réussir à sa façon ? On ne perçoit pas les choses de la même façon que son voisin, son patron, son enfant… Elle change même avec les années. La nature est source de frustration, elle est conçue comme ça. Cette frustration devient de plus en plus insupportable pour notre société. Nous ne vivons plus dans la précarité absolue comme c’était le cas, il y a des années. Mais l’objectif n’est pas de supprimer ses frustrations, mais bien de les surmonter. C’est pour ça, que ça vaut le coup d’y croire et de vivre l’aventure.

 

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