Adolescence technologique ou adolescence de la civilisation 

En lisant The Adolescence of Technology de Dario Amodei, j’ai eu une sensation familière pas un moment de bascule, l’adolescence de la technologie, j’ai l’impression de l’avoir entendu depuis que Internet n’est plus considérée comme un minitel. Cependant la parole de Dario est importante dans la Tech, dans L’IA inteligentsia, il met des mots sur une tension et prend des positions opposés à Open AI et Sam Altman. D’ailleurs Anthropic dont il est CEO a refusé d’ouvrir sans restriction à l’armée américaine son modèle d’IA et a perdu son contrat avec le Pentagone. OpenAI a annoncé, de son côté, un accord avec le ministère de la défense, qui pourra utiliser son système d’IA avec certaines « garanties » LOL …

“We are in the awkward teenage years of AI.”
 Dario Amodei

Cette idée d’« années adolescentes » me semble juste et nous l’utilisons depuis les début d’Internet, c’est pourquoi j’ai intitulé mon article « Adolescence technologique ou adolescence de la civilisation ». Il me semble que l’on vit ces problématiques depuis de nombreuses années, le sujet serait plus de savoir quand notre civilisation sera prête et responsable globalement… Dieu seul le sait 😉

Amodei insiste sur le décalage entre institution et rapidité technologique, un peu comme l’innovation dans les drogues, les chimistes de laboratoire clandestin ont toujours un temps d’avance sur la législation et la connaissance des produits.

“The capabilities are moving fast.” & 
“Our institutions evolve much more slowly.” Dario Amodei

Ce qui grandit vite, ce ne sont pas seulement les modèles, mais la capacité d’agir dans le monde :

“AI systems are beginning to act in the world.”
 Dario Amodei

Lorsque les systèmes commencent à agir et non plus seulement à informer, la question change de nature ; elle cesse d’être technique pour devenir politique, culturelle, presque anthropologique.

Dans Archipel mon livre, je n’aborde pas l’intelligence artificielle de manière frontale, mais j’explore depuis le début cette tension entre centralisation et décentralisation, entre puissance concentrée et autonomie locale et je rappelle que cette question traverse mon histoire familiale depuis des siècles :

« Notre famille a depuis toujours œuvré pour la décentralisation, ils étaient persuadés que la justice et le pouvoir était toujours plus à même à être portée sur place, localement entre individus qui se connaissent et qui partagent un habitus commun. »
 Archipel : Exploration de nouveaux mondes, p. 1

Ce combat ancien résonne étrangement avec notre époque numérique, où la souveraineté se déplace silencieusement des territoires physiques vers les infrastructures algorithmiques, au point que j’écris plus loin :

« Nous avons basculé dans un monde où les États ne possèdent plus leurs propres cartes, et où la souveraineté n’est plus qu’un abonnement à jour sur les serveurs de la Silicon Valley. »
 Archipel : Exploration de nouveaux mondes, p. 9

Ce basculement n’est pas anecdotique, il marque un changement profond dans la manière dont la réalité elle-même est produite, validée et administrée.

Amodei appelle à des mécanismes de gouvernance capables d’encadrer cette montée en puissance.

“We need better governance mechanisms.”
“Power without coordination is dangerous.”
 Dario Amodei

Je partage cette inquiétude mais j’ai l’intuition que dans l’adversité dans le chaos, la nature parfaite reprend ses droits, un peu comme le biomimétisme. Ce sera par là qu’une nouvelle civilisation et des nouvelles gouvernances pourront émerger.

« Nous recréons une notion souveraine à l’ère du numérique car le territoire virtuel n’a plus de frontière et chacun peut revendiquer son territoire, sa communauté, sa gouvernance, sa monnaie. »
 Archipel, p. 15

Là où Amodei voit l’adolescence d’une technologie, je vois l’adolescence d’une civilisation numérique qui n’a pas encore stabilisée sa quête de sens, son développement personnel…, ensuite nous pourrons expérimenter des formes de pouvoir, de communauté, d’identité différente.

Le chaos, dans ce contexte, n’est pas une menace terminale, mais un passage nécessaire, et je l’écris clairement :

« Le chaos n’est pas l’apocalypse mais certainement l’opportunité de faire différemment. »
 Archipel, p. 26

L’adolescence technologique est une transition, un moment où la puissance croît plus vite que la sagesse collective et où le risque principal n’est pas l’intelligence des machines mais l’immaturité des structures humaines qui les encadrent.

Si nous laissons l’optimisation remplacer la décision politique, si nous acceptons que l’efficacité tienne lieu de finalité, alors nous resterons dans cet âge instable ; mais si nous sommes capables de recréer des espaces d’expérimentation, des îles au sens propre et figuré, des communautés capables de tester d’autres formes de gouvernance et d’imaginaire, alors cette adolescence pourra devenir un rite de passage plutôt qu’une dérive…

Je ne crois pas que la solution viendra uniquement d’une régulation centrale plus puissante ; je crois qu’elle émergera d’un Archipel de pratiques, de territoires, d’idées où la technologie sera mise au service d’une souveraineté choisie plutôt que subie.

Car la question n’est pas de savoir si l’IA deviendra plus puissante, elle le deviendra mais de savoir si nous aurons la maturité culturelle et politique nécessaire pour orienter cette puissance, l’avenir nous le dira. En attendant pour ne pas subir le monde, nous pouvons construire sur des îles un futur à son image grâce à l’imaginaire.

Nicolas Bermond

Synthèse de l’essai “The Adolescence of Technology” de Dario Amodei
Dans The Adolescence of Technology, Dario Amodei défend une idée centrale : l’humanité entre dans une phase d’« adolescence technologique ».
Les systèmes d’intelligence artificielle deviennent rapidement extrêmement puissants — capables d’exceller dans des domaines complexes comme la recherche scientifique, la programmation ou l’analyse stratégique, alors même que nos institutions politiques, économiques et culturelles ne sont pas encore prêtes à encadrer une telle puissance.
L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est civilisationnel.
Amodei met en avant plusieurs risques :
– un mauvais alignement entre les objectifs des IA et les intérêts humains
– une utilisation malveillante par des acteurs étatiques ou non étatiques
– une concentration accrue du pouvoir
– des bouleversements économiques massifs
Son propos n’est ni catastrophiste ni naïvement optimiste. Il appelle à une approche lucide et pragmatique : reconnaître les risques réels, investir dans la recherche sur la sécurité, anticiper les scénarios critiques et construire des garde-fous avant que les systèmes ne deviennent trop puissants pour être maîtrisés.
L’adolescence technologique n’est pas une fatalité.
C’est une phase de transition.
Et sa traversée dépendra de notre maturité collective.

 

Héritage

île bermond drops of god les gouttes de dieu
île bermond drops of god les gouttes de dieu

Tournage sur l’Île Bermond de Drop Of God (Les Gouttes de Dieu)

Nous sommes heureux d’avoir accueilli sur l’Île Bermond le tournage de Drops of God (Les Gouttes de Dieu)  saison 2, épisode 1.

Un grand merci à toute l’équipe et à la réalisation pour ce choix. Il avait quelque chose de juste, presque évident que nos récits se croisent.

Les liens : racines, transmission, famille

Drops of God parle de vin, mais au fond, elle parle d’autre chose : ce qu’on reçoit malgré soi, et ce qu’on décide d’en faire.

La famille, c’est l’endroit où l’on apprend l’amour et la rivalité dans la même phrase. L’endroit où l’on se construit, puis où l’on se cogne. Et même quand elle se déchire, la famille continue de chercher. Elle cherche un langage commun. Elle cherche une paix. Elle cherche une forme de continuité.

Ce qui se transmet n’est pas seulement un nom, une maison, une île ou une place.
Ce qui se transmet, c’est souvent invisible :

  • une manière de regarder le monde
  • une exigence, une fierté, une douleur, une honte parfois
  • un goût, une obsession, une peur
  • une capacité à créer… ou à se taire

Et le drame, souvent, c’est que la transmission passe par des maladresses.

L’héritage : laisser plus de liberté, pas plus de poids

Quand j’écris :
« la famille, même quand elle se déchire, se cherche pour laisser un héritage émotionnel, créatif, intellectuel », je parle d’un héritage qui ne se mesure pas.

L’héritage le plus précieux, ce n’est pas ce qu’on laisse, c’est ce qu’on évite de transmettre.

C’est la capacité à dire : “ça, je l’ai reçu, mais je ne le passerai pas tel quel.”
À transformer au lieu de reproduire, à mettre de la conscience là où il n’y avait que des réflexes.

J’aime l’idée d’une amélioration consciente, génération après génération. Pas une perfection. Pas une morale. Une amélioration au sens artisanal : on affine, on corrige, on déleste. On comprend mieux ce qui a blessé. On apprend à nommer. On apprend à réparer, un peu.

Et si je devais résumer, je dirais ceci :
Un bon héritage n’est pas un monument, c’est une porte qui s’ouvre vers plus large que soi, que ses angoisses, que son héritage matériel.

Bonne semaine
Nicolas Bermond

Libérer un livre

– PDF  & Audio

Dans le logiciel libre, il y a une idée simple.
Un programme n’a de valeur que s’il peut être lu, compris, modifié, transmis.
Sinon, ce n’est qu’un objet fermé.

Mon livre fonctionne de la même manière.

Archipel : exploration de nouveaux mondes, n’a jamais été pensé comme un produit fini.
C’est un espace de circulation.
Une architecture ouverte.
Un système d’îles reliées entre elles par le sens, pas par la propriété.

Le déposer sur archive.org n’est pas un geste généreux.
C’est un geste cohérent.

https://archive.org/details/archipel-des-iles-bermond

Dans la culture open source, on ne “donne” pas.
On remet en circulation.
On accepte que le texte vive ailleurs que chez soi.
Qu’il soit lu hors contexte.
Qu’il échappe.

Le libre n’est pas l’absence de cadre.
C’est une responsabilité partagée.
Lire, c’est déjà modifier.
Transmettre, c’est déjà écrire.

Archipel reste disponible en version livre pour le moment sur Amazon.
Le papier est une autre forme de persistance.

L’Archipel n’appartient à personne, il se traverse.

Offrez-vous du temps.
Offrez-vous une île
Rejoignez l’Archipel !

BIC Bermond International Consulting

Le 04 décembre 2025 entre Paris et Marseille,

J’ai décidé de changer mon fusil d’épaule.
La promotion de l’humanisme, du faire-ensemble, du changement d’organisation n’intéresse pas vraiment !
Il faut se mettre à la place de tous, la précarité, la peur, la perte de confort, le declassage et l’ultra-individualisme imposé par la techno et la société nous assaillent, nous englobent, nous skotchent un peu plus tous les jours.

Alors j’ai choisi de revenir à des choses plus… parlantes, plus dans mon ADN. Je relance le conseil aux entreprises et aux hommes politiques avec mon entité Bermond International Consulting (BIC). Je reviens à des valeurs qui parlent plus à mon entourage, au monde dans lequel on vit.
C’est pour ça que je crie haut et fort notre raison d’être : faire du fric, faire du pognon, faire de la maille.
Un motto, une baseline : No sens Just $. No future Just Opportunities.
Je sais, c’est en anglais et ce n’est pas innocent : le pognon, il n’est plus en France, il est worldwide, sache-le ! Toi, le petit artisan, la sage-femme, le conducteur de poids lourd…

Nous pouvons vous aider à faire du business à l’international en vous servant des opportunités offertes par la guerre, le changement climatique, la polarisation du monde.
Nous pouvons vous aider à financer un parti politique, un maire, etc.
Nous pouvons aider des pays à être plus efficaces dans l’ingérence.
Nous proposons de former vos futurs candidats, de l’extrême droite à l’extrême gauche, pour qu’ils continuent à vous dire : “Je vous ai compris, nous serons différents.”
Nous mettons en relation vendeurs de drones, développeurs IA et marchands d’armes. Nous aidons à la certification d’armes Made in UE, qui pourront être payées avec les centaines de millions versés à nos amis en guerre. On appelle ça, la technique du collier de perles du Club Med : 100 % de réussite, tout revient dans ta poche.

Enfin, notre cœur de métier : abreuver en continu d’une info pessimiste, manipulée, pour conserver un terreau fertile au business.

Je voulais simplement vous dire : arrêtez de croire en l’humanité et croyez dans le business.

Nicolas Bermond
Ancien gérant d’une île marseillaise qui, depuis un an, a été ensevelie grâce à la remontée des eaux

Conseil lecture : Le prisonnier de Nicolas Sarkozy.
Ne surtout pas lire un livre de cabot de bas étage, il s’appelle Archipel quelque chose nouveaux mondes.

Mr Bermond Nicolas

Archipel: Exploration de nouveaux mondes (Livre)

Chacun d’entre nous a certainement une mission pré-déterminée sur Terre. Nous sommes peut être une continuation d’événements, d’émotions, de rencontres qui traverse les siècles comme une épopée.
À l’heure où tout est incertain ou tout se transforme, rappelez vous, qui vous êtes et qui était votre Famille.
Mon livre, Archipel est pour moi une expérience qui traverse les générations à travers une ode à la liberté, la décentralisation, l’amour et l’exploration de nouveaux mondes. C’est aussi une fiction qui oscille en permanence entre réelle et virtuelle, qui raconte l’histoire de l’île Bermond et la fondation de sa micronation. Je livre une partie de l’intimité d’un clan, une vision nouvelle de la politique. J’espère que vous aimerez !

Lien vers la version papier https://amzn.eu/d/4rULGZr

Lien vers le livre su Google Book https://g.co/kgs/BFTZtrs 

Ou contactez moi.

Couverture livre Archipel

J’ai écrit un article sur Medium, sur ma souveraineté qui résume une partie du livre.

Je viens de terminer ma page auteur sur Amazon et donc je la référence ici.

J’attends la validation de mon compte éditeur pour envoyer le livre à des librairies et il sera donc disponibles dans tous les catalogues de libraire.

Je vous tiens au courant au fur et à mesure des avancées.

Nicolas Bermond

Territoire par territoire, Clan par clan, Décision après décision, nous changerons les organisations.

 

Ce que dit l’ADEME, ce que l’Île Bermond incarne, et ce que le clan Archipel veut activer

Dédicace pour la #COP30, à l’heure où le mot « climat » reste loin derrière « YouTube » et « WhatsApp » dans les recherches Google.

Google Trends ne ment pas : où passe vraiment notre attention ?

En 2025, la requête « clima » n’arrive qu’en 17e position dans Google Trends. Elle se retrouve derrière YouTube, Google, Weather, WhatsApp, ChatGPT, Facebook, Instagram, Amazon

On se rend mieux compte de la priorité réelle des utilisateurs : le climat est en toile de fond, rarement au premier plan. Et pourtant, on prépare la COP30, avec son cortège de promesses, de négociations et, si l’on regarde l’historique des COP, de résultats souvent mitigés lorsqu’il s’agit de traduire les engagements en transformations concrètes.

C’est dans ce décalage que je situe ce texte. Aujourd’hui, je vais parler de trois étages qui se répondent :

  • ce que dit l’ADEME dans son rapport Transitions 2050,
  • ce que l’Île Bermond incarne comme prototype de société,
  • ce que le clan Archipel veut activer à Marseille et ailleurs.

Transitions 2050 : l’ADEME parle d’abord de territoires

En 2022, l’ADEME publie le rapport « Transitions 2050 ». Quatre trajectoires pour atteindre la neutralité carbone, construites autour de cinq axes structurants : technique, économie, société, gouvernance et territoires.

Ce rapport dit une chose simple : la transition écologique ne se résume pas à des solutions techniques. Elle suppose des mutations profondes dans :

  • l’organisation des territoires,
  • les modes de vie,
  • l’usage des ressources (sols, biomasse, puits de carbone),
  • les formes de coopération et de gouvernance.

En relisant Transitions 2050, je me suis amusé à construire une matrice pour situer le futur que nous projetons sur l’Île Bermond. Nous sommes clairement entre le scénario S1 « Génération frugale » et le scénario S2 « Coopérations territoriales ».

Dans mon livre « Archipel : Exploration de nouveaux mondes » , je formule cette idée de manière assez directe : « Si nous voulons tenir, il faudra moins compter sur le centre et davantage sur nos îles. » C’est exactement ce que l’ADEME, de son côté, traduit en langage de scénarios.

L’Île Bermond : un prototype de nouvelles sociétés

L’Île Bermond existe déjà. Elle est sur les cartes, dans le monde physique. Mais je l’utilise aussi comme prototype de création de nouvelles sociétés et de nouvelles organisations.

Le but est clair : être acteur de la transition, et pas seulement la commenter. Je vois le territoire fragmenté en îlots, où l’organisation se fait de manière décentralisée, tout en gardant des connexions conscientes avec la gouvernance nationale et européenne.

Dans « Archipel », j’écris par exemple : « Une île n’est pas un refuge, c’est un laboratoire. On y vient pour essayer des formes de vie que les continents n’autorisent plus. » L’Île Bermond joue ce rôle : un laboratoire conceptuel pour imaginer des organisations plus organiques, plus distribuées, plus alignées avec le vivant.

Elle sert de support réel pour projeter une question très simple : à quoi ressemble un territoire qui choisit d’anticiper les mutations plutôt que de les subir ?

Le clan Archipel : un espace d’expérimentation, pas un concept

Le clan Archipel, c’est la partie vivante de cette histoire. Ce n’est pas un think tank, ni une ONG. C’est un espace d’expérimentation de co-living et de nouvelles gouvernances.

Concrètement, le clan Archipel cherche à tester dans le réel :

  • de nouvelles façons de se gouverner et de décider ensemble,
  • des modes de co-habitation (co-living) ancrés dans un territoire,
  • le partage et la mutualisation des ressources,
  • des formes d’investissement collectif alignées avec le vivant,
  • la création de communs plutôt que de simple consommation partagée.

Dans le livre, je parle de « désorganisation productive » pour décrire cette phase où l’on accepte de sortir des schémas rigides sans tomber dans le chaos. C’est exactement ce que le clan Archipel explore : comment une communauté peut rester fluide sans se dissoudre.

Une partie du travail consiste à archiver ces expériences : méthodes, outils, erreurs, succès. L’idée n’est pas de créer un modèle unique, mais un référentiel vivant que d’autres groupes pourront adapter.

ADEME, COP30 et le retour du vivant

L’étude de l’ADEME rappelle que les territoires qui réussiront la transition seront ceux capables de relier le vivant, les ressources et les humains. Ce n’est pas simplement une ligne dans un rapport, c’est une boussole.

Pendant ce temps, les grandes conférences internationales comme la COP30 risquent, si rien ne change, de reproduire un schéma bien connu : des avancées diplomatiques réelles, mais des résultats mitigés sur le terrain, faute de relais concrets dans les territoires, les villes, les villages, les îles.

C’est là que la stratégie change de niveau : plutôt que d’attendre le « grand accord parfait », il faut multiplier les archipels d’action. Des lieux et des clans qui traitent la biodiversité, les sols et les ressources comme une infrastructure centrale, et pas comme un sujet à la marge.

Biodiversité : un travail de naturalistes, pas seulement de climatologues

Si l’on écoute bien l’ADEME, la neutralité carbone passe par :

  • des changements de pratiques,
  • une réorganisation territoriale,
  • une gestion fine des ressources (sols, biomasse, puits de carbone),
  • de nouvelles formes de coopération entre acteurs.

La biodiversité est le point d’entrée le plus concret pour tout ça. Travailler sur les sols, les continuités écologiques, les espèces locales, c’est déjà préparer la résilience énergétique et climatique.

Ce travail n’appartient pas d’abord aux climatologues. Il appartient aux naturalistes, à celles et ceux qui savent lire un sol, reconnaître une espèce, comprendre une friche, identifier un corridor écologique.

Dans « Archipel », je résume souvent ça ainsi : « Avant de parler de futur, apprenons déjà à voir ce qui vit encore sous nos pieds. » C’est exactement le type de bascule que porte le clan Archipel : partir du vivant, pas des abstractions.

Marseille comme terrain d’activation

Marseille est un bon exemple de territoire où ces idées peuvent s’incarner.

La ville se trouve à la jonction de plusieurs mondes :

  • la mer, avec ses écosystèmes fragiles,
  • les collines et les massifs environnants,
  • les quartiers denses, les friches, les interstices urbains,
  • une mosaïque sociale et culturelle très riche.

Si l’on veut appliquer Transitions 2050 au concret, on peut imaginer à Marseille un chantier simple à énoncer, exigeant à mettre en œuvre : faire de la biodiversité la base de l’aménagement et des décisions collectives.

Cela pourrait passer par :

  • un travail fin sur les sols (où le vivant tient encore, où il s’effondre),
  • la restauration des continuités écologiques de la mer aux collines,
  • la mise en avant des espèces méditerranéennes adaptées aux futurs climatiques probables,
  • l’intégration systématique des naturalistes dans les projets urbains,
  • des expérimentations de co-living inspirées par l’Île Bermond et le clan Archipel.

Marseille pourrait devenir une des « îles-mères » de cette logique archipélique : un lieu où les scénarios de l’ADEME, les récits de « Archipel » et les expérimentations du clan se rencontrent.

De l’Île Bermond à la COP30 : une méthode, pas un slogan

En résumé :

  • L’ADEME pose un cadre sérieux pour réfléchir aux trajectoires vers 2050 : elle montre que les transformations se jouent autant dans les territoires que dans les infrastructures.
  • L’Île Bermond incarne un prototype de société en transition, où les organisations sont repensées à partir du vivant, de la beauté et des clans.
  • Le clan Archipel cherche à activer ces idées dans des lieux précis, en testant des formes de co-living, de gouvernance distribuée et de communs.
  • Marseille offre un terrain idéal pour passer de la théorie aux pratiques, avec la biodiversité comme fil conducteur.

Avec des résultats de COP souvent jugés « insuffisants » ou « mitigés » au regard des enjeux, il devient logique de déplacer une partie de l’effort vers ces archipels d’action. Des territoires, des îles, des clans qui ne prétendent pas tout résoudre, mais qui se mettent en mouvement, ici et maintenant.

Territoire par territoire. Clan par clan. Décision par décision.

Si tu veux prolonger cette réflexion, tu peux plonger dans le livre « Archipel : Exploration de nouveaux mondes » et rejoindre, un jour peut-être, l’une des îles que nous sommes en train de dessiner ensemble.

Cet article fait partie du continuum de travail autour d’Archipel et du clan Archipel. Si tu veux proposer un territoire d’expérimentation, discuter de gouvernance ou parler simplement de sols, de biodiversité et d’îles, la conversation est ouverte.ici Join Archipel

Vivre vs Habiter ?

Vivre vs Habiter, les 2 mots sont très proches, mais tellement opposés, d’un côté, on parle de technique, matériel, de l’autre on balaie l’ensemble de son programme d’être vivant.

Villages de longévité, écolieux coopératifs, moyen de vivre avec la monnaie libre, villes solaires : cet article propose une lecture critique des expériences qui prétendent « habiter et vivre autrement », entre désir d’utopie et réalités matérielles.

Introduction

« Habiter n’est jamais neutre et vivre est encore plus impliquant » Nicolas Bermond Explorateur et architecte social

Choisir un lieu, une architecture, une organisation collective, c’est déjà choisir un monde : un certain rapport au temps, à la santé, à l’écologie. Nos modèles dominants, les mégapoles saturées, lotissements pavillonnaires, centres commerciaux montrent leurs limites. Ils épuisent la planète, abîment nos corps, fragilisent les liens sociaux et finissent par remettre en question les fondamentaux de notre humanité.

Face à cette impasse, un paysage d’expériences s’esquisse. Certaines attirent capital et médias, d’autres s’enracinent discrètement. On parle de villages de longévité, d’écolieux, de monnaies libres, de circuits courts. Elles sont imparfaites, parfois contradictoires, mais posent la même question : comment habiter autrement ?

Pando Longevitown : le rêve régénératif en Sardaigne

Sur la côte sarde, là où les registres de longévité ont nourri le mythe des Blue Zones, un projet se lève avec ambition : Pando Longevitown. Les concepteurs promettent une microcité pionnière étendue sur plus de deux cents hectares, dont la quasi-totalité resterait en espaces verts. Villas, resort haut de gamme, clinique et centre de recherche composent la façade d’un récit d’abord écologique et sanitaire.

« Être en bonne santé exige une planète en bonne santé. »

L’idée maîtresse est directe : la santé humaine dépend de la santé des écosystèmes. Des matériaux non toxiques, une agriculture régénérative, des flux énergétiques propres et une neuroarchitecture positive doivent aligner bien-être biologique et qualité d’habitat. Le projet évoque même une part d’habitats “abordables” pour les locaux, promesse qui, si elle se confirme dans les prix et les modalités, marquerait une rupture bienvenue avec les enclaves premium habituelles.

Reste l’ombre portée. Pando rappelle Zuzalu, cette ville éphémère du Monténégro où milliardaires et pionniers de la biotech se sont retrouvés pour « refuser de vieillir ». Le risque n’est pas l’échec technique, mais la réussite réservée à une élite. Une enclave de santé, si séduisante soit-elle, peut renforcer la ségrégation. Et si la longévité devenait un produit marchand, vendu sur catalogue, plus qu’un bien commun ?

Archipel des îles Marseille
Archipel des îles Marseille

Zuzalu : laboratoire brillant, miroir sombre

Au Monténégro, en 2023, Zuzalu a rassemblé pendant deux mois environ deux cents invités : crypto-entrepreneurs, investisseurs biotech, chercheurs. La communauté a exploré longévité, network states et biens publics numériques. L’énergie était réelle, les collaborations fécondes et la capacité d’itérer impressionnante.

La contrepartie saute aux yeux : sélection à l’entrée, gouvernance opaque, imaginaire transhumaniste assumé. Zuzalu devient ainsi un avertisseur : l’utopie de la longévité peut muter en bulle de privilège si l’accès, la redevabilité et l’ancrage territorial sont négligés.

La Suite du Monde : réutiliser, ancrer, relier

En Dordogne, La Suite du Monde emprunte une voie moins spectaculaire et plus rusée : racheter d’anciens campings pour en faire des tiers-lieux ruraux. Ici, pas de dômes ni de labos clinquants, mais des espaces pour séjourner, travailler, s’organiser et faire vivre des associations locales. Le geste est pragmatique : réemployer l’existant, retisser des liens, densifier socialement sans bétonner davantage.

La promesse dépendra pourtant de la gouvernance, des prix d’accès et de la place réelle laissée aux habitants du territoire. Sans cela, l’esthétique de la sobriété peut virer au décor pour voyageurs en quête d’authenticité, sans transformation locale tangible.

 

Oasis : essaimer plutôt que grossir

À mille lieues des resorts premium, la Coopérative Oasis accompagne depuis 2018 des centaines d’écolieux. Des fermes partagées, des habitats collectifs, des cuisines communes et des jardins tissent un quotidien où gouvernance par consentement, mutualisation et sobriété ne sont pas des slogans mais des habitudes. La force du mouvement tient à son essaimage : point de modèle unique, mais une multitude de lieux ajustés à leurs territoires.

Cette diversité se paie en complexité. Les montages juridiques, les finances et la vie collective fatiguent. Pourtant, c’est souvent là, dans l’ordinaire qui résiste, que s’invente une innovation sociale plus robuste que bien des vitrines futuristes.

AMAP : une révolution tranquille

Bien avant les écolieux, les AMAP ont réorganisé la relation entre paysans et citoyens. Nées en 2001 en Provence, inspirées des teikei japonais, elles partagent risques et récoltes, sécurisent un revenu et garantissent une alimentation locale et saine. Rien de spectaculaire : des paniers, des distributions, des visages qui se connaissent. Mais c’est précisément cette simplicité qui fait la force d’une révolution discrète et durable.

Des exemples américains : Arcosanti et Babcock Ranch

Aux États-Unis, deux expériences servent de contrepoints. Arcosanti, en Arizona, est une utopie d’« arcologie » lancée en 1970 par Paolo Soleri. Jamais achevée, fragile économiquement, elle demeure une école vivante du design frugal et bioclimatique. À l’inverse, Babcock Ranch, en Floride, revendique une alimentation 100 % solaire de son réseau : lorsque l’ouragan Ian a frappé en 2022, la ville a mieux tenu que ses voisines. Ici, pas de radicalité artisanale, mais la démonstration qu’une résilience climatique concrète est possible à l’échelle d’une ville planifiée.

L’Île Bermond : un laboratoire poétique

Au milieu de ces projets, j’ai créé ma propre île : l’Île Bermond. Ni smart-city ni resort médicalisé, mais un laboratoire poético-techno-philosophique. J’y explore la beauté comme méthode, l’audace comme manière d’agir et la transmission comme acte politique. Cette île n’a pas vocation à séduire des investisseurs : elle rappelle que sans récit, sans poésie, l’innovation se réduit à des produits, quand habiter autrement exige d’abord de penser autrement.

Des Archipels hétérogènes

Pando, Zuzalu, La Suite du Monde, les Oasis, les AMAP, Arcosanti, Babcock Ranch et l’Île Bermond forment un archipel d’expériences hétérogènes. Certaines flirtent avec le luxe, d’autres avec la sobriété radicale. Certaines sont élitistes, d’autres populaires, hippies ou libertariennes. Toutes révèlent nos désirs : vivre mieux, plus longtemps, plus ensemble avec moins d’empreinte et plus de liens.

L’utopie n’est pas un produit fini. C’est une constellation d’essais, reliés comme les îles d’un archipel.

C’est l’esprit de Archipel : exploration de nouveaux mondes : apprendre à relier, critiquer sans rejeter, et construire une carte du futur qui accepte les frictions, mesure les effets et honore le réel. Habiter autrement ne consiste pas à choisir une île, mais à apprendre à les relier.

News et évènement en rapport ce mois-ci :

Je présenterai mon livre « Archipel : Exploration de nouveaux mondes » inspiré de l’expérimentation des iles Bermond
En parallèle, Eric Foucher partagera, les Escaliers de Marseille , une exploration poétique et patrimoniale de la ville.

🔗 https://www.eventbrite.fr/…/billets-les-nouveaux-recits…

🗓️ Mardi 08/10/25 – 18h00 à la Fabulerie , Marseille