Depuis le début, les Îles Bermond se construisent à partir d’un territoire réel, au large de Marseille, et d’une idée qui prend progressivement forme : créer une micronation dont la citoyenneté, les outils et les formes de gouvernance s’orientent vers le vivant non humain.
Le passeport et le visa font partie de cette construction. Le Passeport des Îles Bermond relie une identité portée par un QR Code gratuit à un objet physique, idéalement textile. Le support lui donne une matière et une présence. Le visa marque l’entrée dans un moment particulier de l’Archipel, une rencontre ou une expérience. Ces objets accompagnent des droits concrets : accéder à certains événements et participer aux expériences que nous construisons.
L’onboarding permet de comprendre comment ces éléments se relient. Il présente la citoyenneté, le Passeport, les outils numériques, la gouvernance et les projets de l’Archipel. Il donne aussi à chacun des repères pour s’y situer et imaginer sa manière de contribuer. La semaine Habiter l’Île est l’occasion de parcourir ensemble cette démarche, depuis l’Ambassade jusqu’au territoire du Frioul et au monde virtuel que nous commençons à construire.
Habiter avec ceux qui ne votent jamais
La mer, le plancton, la roche, les oiseaux, les plantes et le vivant invisible font déjà partie du territoire. Ils ont leurs rythmes, leurs équilibres et leurs interactions. À nous de créer des moyens pour observer leur fonctionnement et mieux comprendre ce qui se joue sur l’île.
Cette recherche peut nous inspirer de nouvelles formes de gouvernance. Nous ne cherchons pas à transposer dans le vivant nos institutions humaines ; nous voulons apprendre de ses modes d’organisation, de ses interdépendances et de ses réactions aux transformations de son milieu. Cette démarche associera des outils scientifiques et mesurables — capteurs, données, observations — à des approches artistiques et sensibles : sons, images, cartographies, récits et installations.
L’Île Bermond devient ainsi un territoire d’observation et d’expérimentation. Une hypothèse guide le travail : sanctuariser sa biodiversité, jusqu’à envisager de réserver l’île au non-humain. Cette possibilité sera au cœur du Dîner de l’Ambassadeurice, le 14 octobre, autour d’une question simple à formuler et difficile à trancher : « L’Île Bermond doit-elle être réservée au non-humain ? »
Construire le monde virtuel de l’île
Le monde virtuel des Îles Bermond prolonge cette recherche. Nous le concevons comme un projet de recherche art-science, lié à l’île réelle. Il doit accueillir une mémoire numérique du vivant : données, sons, images, cartographies, espèces, observations et interprétations artistiques.
Cette archive servira à contempler et à transmettre ce que nous aurons appris sur l’île. Elle permettra aussi d’expérimenter des scénarios de gouvernance et d’observer leurs effets possibles sur la biodiversité représentée. À terme, chacun pourra peut-être rejoindre le monde virtuel à partir d’une espèce ou d’un élément du vivant qu’il souhaite protéger. Le Passeport pourra devenir l’une de ses portes d’entrée.
Le projet a été initié avec Éric Pringels et Olivier Rovellotti. Il se développe aujourd’hui également avec Isabelle Arvers, dont le travail ouvre un dialogue entre l’île, ses images et sa représentation virtuelle.
Une semaine pour entrer dans la démarche
Du 9 au 16 octobre, chaque rendez-vous donne accès à une partie de l’Archipel. Le vernissage ouvre la semaine autour de l’île réelle et virtuelle. L’atelier d’upcycling avec Cécile Bekkers permet de fabriquer l’enveloppe textile du Passeport. La visite du dimanche nous ramène au territoire du Frioul et à ce que nous pouvons y observer.
Le lundi, l’onboarding relie citoyenneté, Passeport, gouvernance et projets. Le mardi, l’atelier wallet permet de comprendre les outils numériques associés à cette expérience. Le dîner du 14 octobre met en discussion l’hypothèse d’une île réservée au non-humain. La soirée citoyenne du 15 octobre donne ensuite un cadre de rencontre à celles et ceux qui rejoignent les Îles Bermond.
Ces moments forment un parcours à travers les différentes composantes de l’Archipel. On y découvre les objets qui matérialisent la citoyenneté, les pratiques qui nous relient à l’île et les outils qui peuvent soutenir sa mémoire et sa gouvernance. Habiter l’Île, c’est entrer dans cette recherche et commencer à prendre part à une micronation qui cherche comment faire monde avec le vivant.
Flyer ci dessous et pour le vivre c’est ici https://www.eventbrite.fr/e/billets-habiter-une-ile-2001045168967
