Depuis trois ans, je documente le Carnaval de la Plaine.
Session carnaval 2024
Session carnaval 2025
J’y vais avec 2 appareils photos, un numérique et un argentique, sans intention très claire au départ, sinon celle de capter ce qui se joue. Et ce qui se joue dépasse largement la fête.
Des médias comme Marsactu ou CQFD décrivent régulièrement le carnaval comme un moment de réappropriation de l’espace public, les autres médias semblent détester et communiquer uniquement sur la casse, le trouble de l’ordre public.
Sur le terrain la rue change de statut, elle n’est plus un lieu de passage mais une expérience.
Ce qui frappe, quand on photographie, c’est l’absence de centre. Il n’y a pas de scène principale, pas de point focal évident. Tout se passe partout, en même temps. Les groupes se forment, se déplacent, disparaissent. Une forme d’organisation apparaît, mais elle n’est jamais imposée.
Les images montrent cela : une multitude de micro-situations, de la pure psychogéographie festive.
Dans plusieurs reportages de Marsactu, les tensions avec les autorités sont régulièrement évoquées. Elles sont visibles aussi. Pas forcément spectaculaires, mais présentes en arrière-plan. Elles rappellent que ce type de rassemblement ne s’inscrit pas totalement dans un cadre accepté.
Et pourtant, malgré cette absence de structure et cette tension latente, le carnaval tient.